Biodiversité marine 5mn
Connaissez-vous les raies de Nausicaá ?
Dix espèces de raies sont présentes dans les trois parcours de visite de Nausicaá.
« Les raies, c’est plat et ça vit sur le fond. »
C’est un peu court, jeune homme ! Vous auriez aussi pu dire : c’est plat, certes, mais c’est aussi aérien, gracieux, mystérieux… et surtout, très proche des requins !
Au fil de la visite à Nausicaá, au détour des différents parcours, ce ne sont pas moins de dix espèces de raies qui se laissent découvrir, chacune avec son allure, son environnement et sa personnalité.
Toutes les raies se ressemblent-elles ? Une raie des mers froides est-elle comparable aux raies du grand bassin… ou à celle qui évolue en eau douce ?
Petit tour d’horizon des raies de Nausicaá, pour mieux savoir les distinguer.
Des rivages et des Hommes
La raie bouclée, une raie en forme de losange
Présente dans le bassin tactile de Nausicaá, la raie bouclée Raja clavata se reconnait à sa silhouette en forme de losange, comme sa congénère la raie douce. Elle arbore des motifs de boucle sur le corps alors que la raie douce Raja montagui a le corps brunâtre recouvert de taches sombres.
Poissons benthiques, ces raies vivent près du fond et se cachent facilement dans le sable, prêtes à foncer sur leurs proies qu’elles broient de leurs dents plates. La raie bouclée est classée comme "Quasi menacée" sur la liste rouge de l'UICN alors que la raie douce est classée dans la catégorie "Préoccupation mineure".
Voyage en Haute mer
Les raies guitares, mi-raies...
S’il est une raie qui intrigue c’est bien la raie guitare. Devant le grand bassin, les visiteurs se questionnent : « Est-ce un requin ? Pourquoi a-t-il cette tête plate ? ».
La réponse est simple… et surprenante : ce n’est pas un requin, mais bel et bien une raie !
La raie guitare présente une tête aplatie, commune chez les raies, mais l’arrière de son corps, au tronc allongé et à la nageoire caudale bien développée rappelle bien le requin.
... mi-requins
La confusion est d’autant plus compréhensible quand on la voit se déplacer. La raie guitare nage en ondulant sa queue comme le requin et non pas en agitant ses nageoires pectorales.
Dans le grand bassin de Nausicaá deux espèces de raies guitares cohabitent : la raie guitare fouisseuse Glaucostegus cemiculus au nez plutôt pointu et la raie guitare à nez rond Rhina ancylostomus à l’avant du corps arrondi.
Ces deux espèces sont, toutes deux, classées dans la catégorie des espèces "en danger critique d’extinction" sur la liste rouge de l’UICN.
Voyage en Haute mer
Les raies pastenagues, les raies au corps rond
Les raies pastenagues présentent un corps en forme de disque plus ou moins épais et elles possèdent toutes un aiguillon venimeux.
À Nausicaá, deux raies pastenagues géantes vivent dans le grand bassin. Leur grand corps rond qui dépasse le 1,5 m d’envergure les rend facilement repérables. Elles sont classées "Vulnérables" sur la liste rouge de l'UICN.
Des rivages et des Hommes
La raie pastenague à points bleus
Dans le lagon, c'est une raie pastenague à points bleus qui évolue au milieu des espèces tropicales. Plus petite que sa congénère du grand bassin, elle se repère facilement aux points bleus qui parsèment leur corps rond.
Elle est classée "Préoccupation mineure" sur la liste rouge de l'UICN.
Des rivages et des Hommes
La raie à ocelles, une raie d’eau douce
La raie motoro, aussi appelée raie à ocelles, est la seule espèce de raie d’eau douce présentée à Nausicaá. Comme ses cousines marines, elle possède un aiguillon venimeux, qui peut mesurer jusqu’à 50 cm chez les plus grands individus.
À Nausicaá, on peut l’observer dans l’espace Forêt immergée, où elle a l’habitude de se cacher ou dans l'exposition "L’œil du climat". Elle est classée "Préoccupation mineure" sur la liste rouge de l'UICN.
Voyage en Haute mer
La famille des Mobulidae
Deux espèces de raies Manta vivent dans le grand bassin de Nausicaá.
La grande raie Manta Mobula birostris est la plus grande des raies au monde. La raie Manta de Nausicaá mesure aujourd’hui 4 mètres d’envergure pour un poids de 800 kg. On ne peut la manquer ! Elle se déplace en ondoyant ses nageoires pectorales ce qui donne l’impression qu’elle vole sur l’eau. On la reconnait aux deux excroissances céphaliques situées de chaque côté de sa large bouche qui lui servent « d’entonnoir » afin de mieux diriger la nourriture vers sa bouche.
Voyage en Haute mer
Les mantes diables
Les mantes diables Mobula hypostoma font partie de la même famille que la grande raie Manta. Plus petites, elles atteignent une taille d’1,20 m au maximum. On les reconnait aussi à leurs excroissances céphaliques et à leur longue queue sans épine.
Ces deux espèces de raies sont classées "En danger" par l’UICN et elles font l’objet de projet de conservation et de recherche auxquels Nausicaá participe.
Voyage en Haute mer
La raie-aigle ocellée
Les raies-aigles Aetobatus ocellatus appartiennent à la famille des Aetobatidae. Elles présentent aussi un corps en forme de losange et nagent en ondulant leurs larges nageoires pectorales, mais leur mode d’alimentation est bien différent.
Alors que les raies Manta filtrent le plancton grâce à leurs nageoires céphaliques, les raies-aigles, elles, se nourrissent de gastéropodes, mollusques et crustacés, qu’elles écrasent de leurs dents broyeuses.
Elles peuvent atteindre plus de 3 mètres d’envergure et peser jusqu’à 200 kg, ce qui en fait des animaux parfois plus grands encore que les raies mantes diables.
Malgré leurs différences, elles partagent un point commun préoccupant : comme les Mobula, la raie-aigle Aetobatus ocellatus est aujourd’hui classée "En danger" par l’UICN, en raison notamment de la pression de pêche et de la dégradation de ses habitats.
La conservation à Nausicaaá
Nausicaá s'engage pour la préservation de la biodiversité en participant à des programmes de conservation européens au sein de l'EAZA, l'Association européenne des zoos et aquariums.