Comment se reproduisent les requins ?

Ovipare, vivipare ou ovovivipare, les requins ne se reproduisent pas tous de la même façon.

Il existe plus de 500 espèces de requins dans le monde, du minuscule requin-lanterne au gigantesque requin-baleine. 

Et même si les requins se reproduisent par fécondation interne – on parle d’accouplement, le mode de développement des embryons diffère selon les espèces : certaines femelles pondent des œufs, d’autres les gardent dans leur utérus jusqu’à l’éclosion et enfin, chez d’autres requins les embryons se nourrissent grâce aux nutriments qu’ils reçoivent de leur génitrice. 

Alors, voyons comment se reproduisent les requins de Nausicaá ! 

La stratégie de survie chez les requins

Contrairement aux poissons osseux, qui grandissent rapidement, atteignent tôt leur maturité sexuelle et produisent de nombreux œufs dont peu survivent, les requins présentent une croissance lente et une reproduction plus tardive. 

Grâce à la fécondation interne, ils donnent naissance à moins de jeunes, mais de plus grande taille, ce qui augmente considérablement leurs chances de survie.

Les requins ovipares 
 

Étymologie : ovipare vient du latin oviparus, formé de ovum, « œuf » et parere, « enfanter » ou « mettre au monde ». 

Chez les requins ovipares, la femelle dépose ses œufs quelques jours après la fécondation. L’embryon va se développer dans une poche dure, faite de kératine et qu’on appelle « bourse de sirène ».  

Chez ces espèces, comme la roussette, un petit requin et certaines espèces de raies – comme la raie bouclée ou la raie brunette, ces enveloppes se terminent par des filaments qui permettent à l’œuf de s’accrocher aux algues le temps de l’incubation. Les embryons grandissent en se nourrissant des nutriments présents dans le vitellus.

Les requins ovipares de Nausicaá

À Nausicaá, les femelles requins-zèbres pondent régulièrement dans le lagon. Les embryons s’y développent pendant 5 à 6 mois. Chez le requin marcheur, présent dans l’exposition Histoires d’îles, l’incubation dure environ 4 mois.  

Ces deux espèces se sont déjà reproduites à plusieurs reprises au sein de l’aquarium. Les premiers requins-zèbres sont nés en 2020 et les premiers requins marcheurs en 2016. 

Les premiers bébés requins dormeurs cornus dont les œufs ont une forme de vis en spirale sont nés à Nausicaá en 2024. 

Œuf de requin-zèbre dans le lagon de Nausicaá

Les requins ovovivipares 

Étymologie : le terme ovovivipare est composé du radical ovo- de ovum, l’œuf, de vivi – de vivus, vivant et de -pare, du latin parere, enfanter ou mettre au monde. 

Le terme ovovivipare est aujourd’hui de plus en plus remplacé par l’expression vivipare aplacentaire. 

Chez ces espèces, les embryons se développent dans un sac vitellin sans apport nutritif de la mère. Les œufs éclosent dans le ventre de la femelle et les bébés requins sortent du corps de leur mère, complètement formés.

Le cannibalisme intra-utérin chez le requin taureau

Chez le requin taureau (Carcharias taurus) un phénomène particulier se produit durant la gestation, le cannibalisme intra-utérin. Une fois les réserves de son sac vitellin consommées, l’embryon le plus vigoureux va manger les œufs non fécondés – un phénomène qu’on appelle oophagie ou dévorer les autres embryons présents dans l’utérus – l’adelphophagie.  

Les scientifiques y voient une sélection génétique avant même la naissance. En effet, si une femelle requin taureau peut s’accoupler avec plusieurs mâles et potentiellement porter leurs embryons, ce cannibalisme réduirait le nombre de pères des jeunes requins.  

 

Les requins vivipares placentaires

Pointes noires, pointes blanches et requins gris

Étymologie : le terme vivipare est composé du radical vivi-, de vivus, vivant et du suffixe -parere, enfanter. 

Le terme vivipare placentaire désigne l’espèce dont l’embryon se développe dans le corps de la femelle et qui se nourrit grâce aux apports nutritifs délivrés par le placenta. 

Plusieurs espèces de requins présentes à Nausicaá ont ce mode de reproduction : le requin gris qui évolue dans le grand bassin de la haute mer, le requin à pointes noires et le requin à pointes blanches, présents dans la passe du Lagon. 

Les requins à pointes noires à Nausicaá

Quelques cas singuliers : stockage de sperme et parthénogenèse

Chez certaines espèces de requins, la femelle peut stocker le sperme dans ses voies génitales pendant une longue période et ne féconder ses ovules que bien après l’accouplement. 

Un cas intrigant a été observé en 2012 au Steinhart Aquarium de la California Academy of Sciences : un jeune requin-chabot bambou (Chiloscyllium punctatum) est né plus de 45 mois après le dernier contact de sa mère avec un mâle, en 2007. L’analyse ADN a révélé la présence de matériel génétique paternel, confirmant qu’il s’agissait bien d’une fécondation différée grâce au stockage du sperme. 

L’analyse génétique a également permis d’élucider une autre naissance surprenante, celle d’un requin-zèbre en Australie en 2016. Cette fois, aucun matériel génétique paternel n’a été détecté : le jeune possédait uniquement celui issu de sa mère, révélant une reproduction par parthénogenèse, c’est-à-dire sans fécondation par un mâle. 

Étonnant, non ?  

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