Biodiversité marine 3mn
C'est quoi la parthénogenèse ?
Faire des bébés toutes seules ! Ces femelles qui se reproduisent sans mâles.
La parthénogenèse est une forme de reproduction asexuée dans laquelle les embryons se développent sans fécondation.
Connues chez les plantes et les insectes, notamment les abeilles et les pucerons, des « naissances vierges » comme on les appelle existent aussi chez des animaux vertébrés.
Dans cette forme de reproduction, la femelle est donc le seul parent, capable de se reproduire sans fécondation de l’ovule par un spermatozoïde.
Et chez les élasmobranches ?
On a observé des naissances par parthénogenèse au sein d’aquariums dans lesquels évoluaient des femelles sans présence de mâles.
Le cas le plus connu est celui de Léonie, une femelle requin-zèbre vivant au sein du Reef aquarium en Australie. Après s’être accouplée et reproduite avec un autre requin-zèbre, Léonie est restée seule dans son bassin, rejointe ensuite par sa fille. Les deux femelles ont alors déposé des œufs qui ont donné naissance à des petits en 2016.
Si la reproduction par parthénogenèse a déjà été constatée chez certaines femelles requins vivant sans mâles, plus étonnante était chez Léonie ce passage d’une reproduction sexuée à la parthénogenèse comme mode de reproduction alternatif.
L’analyse génétique des bébés a confirmé la présence des seuls gènes de la femelle et les scientifiques ont ainsi écarté l’hypothèse que la femelle ait pu mettre en réserve des spermatozoïdes de ses précédents accouplements et les ait utilisés pour cette reproduction.
La parthénogenèse comme stratégie de survie de l’espèce ?
Les chercheurs présentent le choix de ce mode de reproduction comme une stratégie, une adaptation à des changements dans l’environnement du requin, à savoir l’absence de mâles.
D’autres cas de parthénogenèse adaptative ont été documentés chez des élasmobranches en captivité : l’émissole lisse Mustelus mustelus en Italie ; chez des espèces vivipares, comme le requin-marteau Sphyrna tiburo, le requin à pointe noire Carcharhinus limbatus ou encore un requin à pointe blanche Triaenodon obesus. Chez des espèces ovipares, des naissances ont été documentées chez le requin-chabot à taches blanches Chiloscyllium plagiosum et l’holbiche ventrue Cephaloscyllium ventriosum. En 2013, une parthénogenèse a été documentée chez une espèce ovovivipare, la raie léopard Aetobatus narinari.
Dans le milieu naturel, les travaux des scientifiques du Field Museum ont permis de découvrir que les poissons-scies à petites dents, des cousins des requins en danger critique d'extinction, se reproduisent parfois par parthénogenèse. Ce type de reproduction représente 3 % de la population de ces poissons-scies vivant en Floride.
Dans tous les cas, les femelles donnent naissance à de nouvelles femelles, maintenant une population dans l’attente d’un retour d’individus mâles.
Cependant le risque à terme est l’appauvrissement génétique de la population, la rendant plus fragile aux changements environnementaux ou à l’arrivée d’un nouveau prédateur.