Abysses 6mn
Fosse des Mariannes, à 11 000 mètres sous les mers
Découvrez la fosse des Mariannes, l’endroit le plus profond des océans à près de 11 000 mètres sous la surface. Exploration, mystères et records.
Mise à jour le 16 juin 2026
Près de 30 plongées ont atteint la fosse des Mariannes depuis la première en 1960 et les scientifiques et explorateurs ont pu constater que même à ces grandes profondeurs, la vie existe !
Partons à la découverte du point le plus profond de la planète !
C’est en janvier 1960, soit 9 ans avant le premier homme sur la Lune, que le Suisse Jacques Piccard et l’Américain Don Walsh atteignent le fond de la fosse Challenger, le point le plus profond du globe, à bord du bathyscaphe Trieste à 10 916 m.
Et là surprise ! Les deux explorateurs observent des crevettes et un poisson plat inconnu. La vie marine peut donc exister à une profondeur où la pression est mille fois plus forte qu’au niveau de la mer.
D'ailleurs, la découverte de vie marine à de telles profondeurs en 1960 a même fait renoncer à l’idée d’utiliser la fosse comme décharge de déchets nucléaires !
La fosse des Mariannes, comme un voyage au centre de la Terre
C’est en 1875 que cette fosse océanique a été découverte lors de la première campagne océanique menée à bord du HMS Challenger de la Royal Navy qui avait pour mission de cartographier les fonds marins. A cette époque, les mesures se faisaient à l’aide de cordes !
La fosse des Mariannes se trouve dans le Pacifique Nord-ouest, sur une zone où la plaque tectonique pacifique passe sous la plaque philippine.
Cette fosse océanique est l’endroit le plus profond de la planète. La fosse des Mariannes a été mesurée plusieurs fois par échosondage, sonde, ROV ou encore sondeur bathymétrique avec des résultats oscillant entre 10 900 et 11 034 mètres de profondeur. En 2014, la profondeur maximale retenue est de 10 984 m ± 25 m.
L’Everest, la plus haute montagne du monde avec ses 8 849 m, y tiendrait sans peine.
Près de 30 plongées dans le fond des océans !
Lune – 12 / Fosse des Mariannes – 27
On connait plus la surface de la Lune que la cartographie des grands fonds marins mais en 2024, une trentaine de personnes avaient plongé au plus profond de l’océan alors que 12 astronautes, tous américains ont marché sur la Lune.
Il a fallu attendre 2012 pour qu’une deuxième plongée ait lieu au fond de la fosse des Mariannes. James Cameron, le réalisateur américain des films Titanic et Abyss descend alors seul à bord du Deepsea Challenger pour l’explorer et atteint 10 898 m.
Quant à l’explorateur américain Victor Vescovo, il est descendu à 10 928 m à bord du Limiting Factor et a effectué 15 plongées dans la fosse entre 2019 et 2022, un record ! Et s’il a pu admirer ce paysage sous-marin aux accents lunaires et découvrir de nouvelles espèces, il a également aperçu des déchets plastiques. Hamish Harding, récemment disparu dans l'implosion du sous-marin Le Titan détenait le record de durée de plongée (4 h 25) et de traversée (4,6 km) en 2021.
Kathryn Sullivan est la première femme à avoir atteint la fosse des Mariannes lors d’une plongée en 2020 avec Victor Vescovo. Particularité de cette Américaine ? Elle est aussi la première Américaine à être sortie dans l’espace en 1984 !
Pourquoi plonger si loin ?
Au-delà de l’aspect "aventure des profondeurs" que représente la plongée dans ces eaux profondes, les plongées dans les grands fonds marins ont des objectifs scientifiques.
En novembre 2020, des chercheurs chinois sont descendus à bord du Fendouzhe, un submersible habité - capable de plonger jusqu’à six heures en continu à la profondeur de travail - jusqu’à 10 909 m avec pour objectif de rapporter des échantillons et de cartographier le fond de la fosse.
D’août à novembre 2021, l'exploration des grands fonds abyssales s'est poursuivie avec l'expédition TS21 durant laquelle les scientifiques chinois ont effectué 33 plongées avec ce même submersible et ont collecté de multiples échantillons à des profondeurs hadales, c’est-à-dire entre 6 000 et 10 000 mètres de profondeur : micro et macro-organismes et échantillons d’eau, entre autres.
Ces prélèvements ont été effectués à l'extrémité sud de la fosse des Mariannes, mais également dans la fosse de Yap et le bassin des Philippines voisins.
Ces échantillons hadaux précieux et abondants ont constitué les bases d'une description détaillée des écosystèmes des régions océaniques les plus profondes.
En 2024, le submersible a effectué 23 plongées dans les fosses océaniques des Kouriles et des Aléoutiennes, situées dans l’océan Pacifique. Ces plongées ont permis la découverte d’une vie marine qui a su s'adapter à des conditions extrêmes.
Chaque expédition conduit à la découverte de nouvelles espèces et permet de mieux comprendre le fonctionnement de ces écosystèmes - des recherches indispensables bien que la logistique et le coût de ces opérations soient importants.
La pollution plastique atteint les grands fonds
Une étude parue en 2018, « Human footprint in the abyss: 30 year records of deep-sea plastic debris » rapporte la présence omniprésente du plastique même à des profondeurs dépassant les 6 000 mètres. Et 92 % de ces déchets plastiques sont des produits à usage unique.
Cette étude s’appuie sur une base de données qui recense des photographies et des vidéos de débris collectés depuis 1983 lors des 5010 plongées répertoriées et 3425 débris d'origine humaine ont été dénombrés.
Le record de profondeur a été atteint avec un sac en plastique à 10 898 m de profondeur dans la fosse des Mariannes.
Préserver les grands fonds
Ces grands fonds marins abritent des ressources qui éveillent de plus en plus l’intérêt et les convoitises des états et des entreprises privées.
L’exploitation des minerais qui se situent en haute mer sont au cœur de discussions entre pays dans un contexte lié à la transition énergétique mais cette activité ferait courir des risques importants sur ces milieux vulnérables et essentiels au niveau écologique.
Mobilisons-nous pour protéger les grands fonds marins !
Nausicaá soutient la position de la France contre l’exploitation minière des grands fonds marins et utilisera tous ses moyens pour sensibiliser et mobiliser le plus grand nombre à la réalisation d’un moratoire.