Publié le 6 juillet 2020

Les animaux marins en voie de disparition

© Creatas

Environ 66 % du milieu marin a été significativement modifié par l’Homme. Cette information figure dans le rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques – IPBES. Ce dernier évalue les changements touchant la biodiversité au cours des 50 dernières années et également le lien entre le développement économique de nos sociétés et son impact.

Un taux d’extinction des espèces sans précédent

Les conclusions ne sont guère rassurantes : 1 000 000 d’espèces sont menacées d’extinction ; on assiste à un taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère.

En ce qui concerne l’impact des activités humaines sur l’océan, celui-ci est visible des écosystèmes côtiers jusqu’aux grands fonds marins. Seuls 3% de l’océan mondial est décrit comme préservé de toute pression humaine en 2014 !

Quelles conséquences pour les espèces marines ?

De nombreuses espèces aquatiques et marines pourraient disparaitre :

  • plus de 40 % des espèces d’amphibiens,
  • 33 % des requins et des espèces proches
  • et plus d’un tiers de tous les mammifères marins.

Environ 50 % de la couverture des récifs coralliens a disparu depuis les années 1870 et près de 33 % des récifs coralliens sont actuellement menacés.

Entre 1970 et 2000, on a également constaté à chaque décennie une diminution de l’étendue des herbiers marins supérieure à 10 %.

Les espèces marines exploitées par la pêche industrielle ne sont pas épargnées :

  • Plus de 55 % de la zone océanique est exploitée par la pêche industrielle.
  • En 2015, 33 % des stocks de poissons marins ont été exploités à des niveaux non durables ;
  • 60 % l’ont été au niveau maximum de pêche durable,
  • Et seulement 7 % à un niveau inférieur à celui estimé comme étant durable.

La pollution des océans par le plastique a été multipliée par dix depuis 1980. Elle affecte au moins 267 espèces dans l’océan dont 86 % des espèces de tortues marines, 44 % des oiseaux marins et 13 % des mammifères marins.

Le rapport de l’IPBES prévoit une diminution de la production primaire nette des océans due au changement climatique de 3 à 10 % d’ici la fin du siècle. La diminution de la biomasse de poissons d’ici la fin du siècle selon les scénarios de réchauffement climatique bas et haut s’établirait entre 3 et 25 %.

La place de l’océan

La vie sur Terre ne peut exister sans l’océan. En effet l’océan fournit de l’oxygène grâce au plancton végétal, intervient dans le cycle de l’eau et la régulation du climat et abrite une biodiversité unique.

L’océan est une source de richesses pour les sociétés humaines : elles en dépendent au niveau alimentaire et pour de nombreuses activités économiques telles que la pêche, le tourisme, le transport maritime, les énergies offshores, ou encore les biotechnologies marines à l’origine de produits précieux pour notre santé et nos industries.

La perte de biodiversité marine a des conséquences économiques sur les communautés côtières qui vivent de la pêche et du tourisme. 90 % des pêcheurs professionnels mondiaux relèvent de la pêche à petite échelle (soit plus de 30 millions de personnes). La gestion des ressources halieutiques est donc une priorité alors qu’en 2011, jusqu’à 33 % des prises de poissons dans le monde étaient signalées comme étant illicites, non déclarées ou non réglementées.

Quelles solutions pour les écosystèmes marins ?

Pour les écosystèmes marins, le rapport souligne les axes permettant de lutter contre l’érosion de la biodiversité :

  • Des approches écosystémiques de la gestion des pêches,
  • L’aménagement du territoire,
  • Des quotas efficaces,
  • Des zones marines protégées,
  • La protection et la gestion des zones clés de la biodiversité marine,
  • La réduction de la pollution par ruissellement dans les océans
  • Et une étroite collaboration avec les producteurs et les consommateurs.

 

 

Crédit photos : Creatas, Joel Calheiros – Shutterstock, Digital Vision, Brand X pictures

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