Mangrove 2mn
Les mangroves ont de plus en plus de mal à respirer
Des chercheurs suédois ont mesuré les niveaux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans vingt-trois zones de mangrove dans le monde.
Entre terre et mer
Les pieds - ou plutôt les racines - dans l’eau, la mangrove vit au gré des marées. A marée basse, le niveau d’oxygène s’effondre tandis que celui du dioxyde de carbone augmente, rendant la respiration difficile pour les poissons et autres espèce marines.
Des espèces se sont adaptées à ces conditions extrêmes. Lorsque la marée remonte, le niveau d’oxygène suit et permet à des espèces plus sensibles, dont des poissons importants pour la pêche, de venir se nourrir ou s’abriter au milieu des racines.
Des écosystèmes qui flirtent avec les limites
Des chercheurs de l’Université de Göteborg ont mesuré pour la première fois les niveaux d’oxygène dans vingt-trois zones de mangrove dans le monde.
Les conditions y sont déjà extrêmes : dans les régions tropicales, comme l’Inde ou l’Amazonie, le niveau d’oxygène reste bas et celui de dioxyde de carbone élevé pendant de longues périodes, ce qui laisse très peu de temps aux espèces sensibles pour entrer dans la mangrove.
Un réchauffement qui pourrait tout faire basculer
Le réchauffement global provoqué par les activités humaines s’accompagne d’une augmentation de température des océans. Selon les simulations effectuées par les scientifiques, les conditions de stress (oxygène faible, fort niveau de CO2) dans les mangroves pourraient s’intensifier et durer plus longtemps, réduisant la durée durant laquelle poissons et autres espèces peuvent s’y réfugier.
Dans certains cas, de nombreux poissons pourraient même avoir du mal à y respirer. Ces habitats diversifiés pourraient alors être parmi les premiers à perdre des espèces sensibles, avec des impacts sur la pêche et les moyens de subsistance des populations locales qui en dépendent.