Mangrove 2mn
Bonne nouvelle pour les mangroves !
Non seulement la destruction des mangroves a connu un coup d’arrêt, mais depuis 10 ans, les gains ont compensé les pertes.
Des écosystèmes utiles
Les mangroves rendent de nombreux services écosystémiques aux êtres humains. A taille équivalente, elles absorbent jusqu’à cinq fois plus de carbone que les forêts traditionnelles. Elles filtrent les polluants et les nutriments excessifs, servent de nourricerie et d’abri à de nombreux juvéniles d’animaux (poissons, invertébrés, crustacés) et protègent les populations côtières des marées de tempête et tsunamis.
Une destruction accélérée au XXe siècle
Durant la seconde moitié du XXe siècle, de nombreuses mangroves ont été détruites au profit de l’agriculture, de l’aquaculture - notamment pour élever des crevettes, de l’urbanisation du littoral et de l’exploitation du bois.
Entre les années 80 et 2010, ce sont ainsi près de plus de 3 100 km2 de mangroves qui ont été perdus dans le monde.
Un rebond inespéré, fruit des efforts de conservation
Depuis 2010, cependant, le phénomène s’est inversé, les gains allant jusqu’à compenser les pertes : le déclin total sur les quarante dernières années n’atteignant plus que 1 % !
Ce sont les résultats d’une étude publiée dans la revue Science. Les images fournies par le satellite Landsat montrent même que de nouvelles mangroves se sont formées, sans intervention humaine, le long de deltas et de côtes riches en sédiments en Australie septentrionale, en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et dans les Amériques.
En outre, les mangroves qui ont survécu à la période de déboisement sont plus denses et en meilleure santé. Bien que certaines mangroves, notamment en Afrique de l’Ouest et centrale soient toujours menacées, cette étude montre l’utilité des efforts de protection et de restauration. « Une rare success story en matière de conservation et une importante source d’optimisme pour l’action climatique », selon les mots de Daniel Friess, un des auteurs de l’étude, et directeur du Laboratoire de la Mangrove de l’Université TULANE (Louisiane, USA).