Corail 2mn
Taux de survie record pour les coraux de l’Île Maurice, élevés pour restaurer les récifs
Les techniques d'élevage permettent de reproduire les coraux sélectionnés pour leur résistance aux canicules marines.
Nichée au cœur de l’océan Indien, l’île Maurice abrite plus de 250 espèces de coraux et d’hydrozoaires. Ils forment des récifs qui abritent un quart de la vie marine de l’île et alimentent poissons et populations humaines.
Malheureusement, cette corne d’abondance est menacée par les vagues successives de blanchiment subies à quatre reprises, depuis la première en 1998. Lors de la dernière, à l’été 2025, la température de l’eau a atteint plus de 31° C. Le stress thermique provoque l’expulsion par le corail de son algue hôte, la zooxanthelle. Cette dernière lui apportant des nutriments, sans elle le corail meurt et blanchit.
Jusqu’ici, on restaurait les récifs victimes du blanchiment en clonant des boutures de colonies coralliennes robustes. Mais les précédents épisodes de blanchiment ont montré que cette technique atteignait ses limites. Avec l’aide financière du gouvernement et de l’ONU, les scientifiques de l’Institut d’Océanographie de Maurice, de Université de Maurice et de l’océanarium Odysseo ont collecté, grâce à une meilleure prévision des périodes de ponte, des œufs et du sperme de corail avant d’élever et de sélectionner dans des nourriceries protégées les coraux les plus résistants à la chaleur.
Des taux de survie record
Au bout de trois ans, le taux de survie atteignait 98 % pour les quatre espèces de coraux branchus placés sur le site de Pointe aux Feuilles, enrichi en nutriments et peu impacté par le tourisme, contre 88 % sur le lagon de Flic-en-Flac, impacté par une forte érosion du sol et la pression touristique.
Le record du taux de survie est détenu par l’hydrozoaire Millepora avec 99,8 % contre 88 % pour l’ensemble des coraux et 10 % seulement pour les coraux élevés suivant l’ancienne méthode.
Des résultats extrêmement encourageants pour le maintien des récifs coralliens, mais qui ne doivent pas faire oublier que le meilleur moyen de lutter contre les canicules marines reste encore de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.