Les couleurs et motifs des poissons récifaux ne sont pas le fruit du hasard

Pourquoi un poisson-ange des Caraïbes et son cousin de l'Indopacifique se ressemblent-ils alors qu'ils n'ont jamais été en contact ?

Une explosion de couleurs et de motifs 

Les poissons des récifs coralliens figurent parmi les animaux les plus colorés de la planète. Leur diversité visuelle est époustouflante : rayures horizontales ou verticales, taches rondes ou en forme d’œil pour éloigner les prédateurs, motifs en selle ou labyrinthiques. 

Pendant longtemps, les scientifiques se sont demandé si cette diversité résultait de pressions écologiques locales ou si elle obéissait à des lois évolutives plus universelles. Comment expliquer la ressemblance entre des espèces géographiquement éloignées ? 

Une étude à grande échelle 

Afin d’élucider ce mystère, les chercheurs du Laboratoire d’Écologie Évolutive de l’Université de Liège ont analysé les motifs de pigmentation de 918 espèces appartenant à six grandes familles de poissons récifaux : chirurgiens (Acanthuridae), poissons-papillons (Chaetodontidae), vivaneaux (Lutjanidae), rougets (Mullidae), poisson-anges (Pomacanthidae) et poissons-demoiselles (Pomacentridae). 

A chaque photo, ils ont attribué un code correspondant à trente types de motifs différents. Ils ont ainsi obtenu une base de données couvrant les cinq grandes régions biogéographiques du globe (Atlantique, océan Indien occidental, indo-pacifique central, Pacifique central et Pacifique oriental).

Des mécanismes biologiques communs 

Premier résultat : plus il y a d’espèces, plus les motifs et couleurs sont variés. Cela signifie que l’émergence de nouvelles espèces (la spéciation) et l’importance d’être reconnu visuellement par ses congénères ont plus d’importance que les conditions environnementales locales. 

Second résultat : ces motifs évoluent rapidement mais dans un espace limité. Les poissons explorent vite les possibilités en matière de motifs et de couleurs mais celles-ci sont contraintes les processus cellulaires et développementaux qui gouvernent la formation des ornementations. 

Cela explique pourquoi des espèces sans lien de parenté et éloignées géographiquement peuvent finir par se ressembler. C’est ce qu’on appelle la « convergence évolutive ». Un processus que l’on retrouve à l’œuvre par exemple chez les dauphins et les requins dont l’aileron peut parfois être confondu. 

 

 

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