Biodiversité marine 2mn
Les bébés poissons-clowns aussi se laissent influencer par l’apparence de leurs congénères
Qui n'a jamais voulu s'habiller comme ses camarades de collège ? Les poissons-clowns aussi changent d'apparence suivant celle de leurs semblables.
Le code(-barres) des rayures
Comme d’autres espèces, les poissons clowns obéissent à une hiérarchie sociale stricte. Lorsqu’un couple reproducteur occupe déjà une anémone, leurs congénères plus jeunes remplissent des rôles subalternes signalés par leur aspect physique comme la taille ou les couleurs.
Chez un tiers des poissons-clowns, cela se manifeste notamment par la présence de rayures blanches supplémentaires. D’autres études ont également montré que les poissons-clowns comptaient les rayures pour se reconnaître. En grandissant, les barres surnuméraires disparaissent.
Des tactiques pour acquérir et conserver son logement
Pour comprendre le processus, des chercheurs japonais ont placé des caméras et enregistré des poissons-clowns dans différents environnements : en présence d’anémones occupées par des adultes, en présence d’anémones vides ou factices, ou sans anémone du tout. Contrairement à ce qu’ils pensaient observer, la présence d’adultes accélère la perte des rayures.
Selon ces scientifiques les jeunes poissons passent du temps en mer avant de chercher une anémone. Si celle-ci est déjà occupée, il vaut mieux arborer des rayures pour avoir l’air moins menaçant et emménager tranquillement. On peut ensuite laisser tomber les rayures.
En revanche, si l’anémone est vide, il vaut mieux conserver ses rayures plus longtemps pour paraître inoffensif aux yeux des passants et éviter de se faire expulser en cas d’invasion.
Un processus basé sur la mort des cellules
Les chercheurs japonais se sont intéressés au mécanisme qui provoque la disparition des rayures. Pour cela, ils ont observé les iridophores, les cellules qui provoquent la couleur blanche des rayures, au microscope. C’est la mort en masse des cellules et leur non-remplacement qui efface les bandes blanches.
Durant cette phase, des gènes connus pour jouer un rôle dans la mort cellulaire, comme le gène caspase-3, sont fortement exprimés. Les scientifiques japonais établissent un lien entre cette forte expression liée à l’hormone thyroïdienne et la présence ou l’absence d’adultes.