Haute Mer 4mn
Entrée en vigueur du traité BBNJ - Nausicaá appelle à un nouvel élan pour la haute mer
Le traité BBNJ pour la préservation de la biodiversité en haute mer entre en vigueur le 17 janvier 2026.
Le 17 janvier 2026 marque l’entrée en vigueur officielle du traité sur la haute mer ou BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction). Un nouveau chapitre pour la protection des eaux internationales, espace couvrant près de la moitié de la surface de la planète et jouant un rôle déterminant pour le climat, la biodiversité et les sociétés humaines.
Nausicaá salue cette victoire majeure pour la gouvernance internationale de l’océan et réaffirme son engagement, notamment pour la première COP - Conférence des parties de l’accord, afin de promouvoir une gouvernance ambitieuse, fondée sur la science et le respect des droits des jeunes et des générations futures, lors de sa mise en œuvre.
Un moment historique pour la haute mer
L’accord BBNJ est l’aboutissement de plus de vingt ans de négociations et vient renforcer et compléter le cadre posé par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, en apportant enfin des outils adaptés aux enjeux de la haute mer.
Adopté en 2023, il a ensuite été soumis à la signature puis à la ratification par les États. Soixante ratifications minimum étaient nécessaires pour qu’il puisse entrer en vigueur, ce qui est chose faite depuis le mois de septembre 2025. Cela signifie que le texte devient désormais pleinement opérationnel et que les États parties doivent mettre en place les institutions et les règles.
La première Conférence des Parties (COP1), prévue fin 2026, sera ainsi un moment fondateur où des décisions structurantes seront adoptées.
Une victoire majeure dans un contexte multilatéral fragilisé
Dans un moment où la coopération internationale est mise à rude épreuve, voir aboutir un tel accord est une réussite. Cela témoigne de la capacité des États à s’unir pour préserver les biens communs mondiaux.
L’entrée en vigueur du traité est une avancée collective, rendue possible grâce à la science, à la mobilisation citoyenne et à l’engagement de nombreux pays, dont la France.
Le nouveau défi : réussir la mise en œuvre
Cette victoire ouvre une nouvelle phase. La COP1 BBNJ, ou COP Océan, sera l’occasion de transformer l’élan politique en actions concrètes sur les principaux sujets couverts par l’accord :
- création d’aires marines protégées en haute mer,
- évaluation d’impact environnemental rigoureuse,
- coopération scientifique renforcée,
- partage des bénéfices lié aux ressources génétiques marines.
Cette mise à disposition des moyens est une phase clé pour donner à cet accord toute sa portée et garantir son efficacité en tant qu’instrument structurant pour l’océan.
Faire de la gouvernance de la haute mer un engagement collectif
La réussite du traité reposera aussi sur l’implication de toutes et tous : scientifiques, institutions, États, société civile, représentants autochtones. Une gouvernance efficace est une gouvernance partagée. Intégrer les jeunes générations et la société civile est essentiel pour construire des décisions légitimes, informées et durables.
Depuis 35 ans, Nausicaá s’attache précisément à relier la science, l’éducation et l’engagement citoyen pour rapprocher la société de l’océan et renforcer la compréhension des enjeux marins. En 2018, en ouvrant un espace spécialement consacré aux enjeux de la haute mer et en organisant deux rencontres internationales sur le sujet, Nausicaá a participé à la mobilisation citoyenne en faveur de la protection de cet univers si vaste, qui n’appartient à aucun État et qui est sous la responsabilité de tous. En 2025, l’événement Citizen of the Ocean a prolongé cet engagement en formant des jeunes à la gouvernance de l’océan et au plaidoyer, jusqu’à leur permettre de porter les enjeux de la haute mer et du traité BBNJ à la Conférence des Nations unies sur l’Océan à Nice.
Nausicaá renouvelle son engagement pour la COP1
À l’occasion de cette entrée en vigueur historique, Nausicaá annonce son engagement pour cette première COP BBNJ. Nous y porterons un plaidoyer résolument ambitieux et basé sur la science :
- pour une mise en œuvre transparente, fondée sur les meilleures connaissances scientifiques et financée à la hauteur des enjeux ;
- pour des aires marines protégées opérationnelles en haute mer ;
- pour une participation accrue des jeunes et des citoyennes et citoyens à la gouvernance de la haute mer.
La COP1 ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de la protection de l’océan. Nausicaá y prendra toute sa place, aux côtés des institutions françaises, de la communauté scientifique et des organisations engagées au service de ce patrimoine commun de l’humanité.
L’entrée en vigueur du traité est un point de départ. La France, deuxième puissance maritime du monde, a un rôle essentiel à jouer pour garantir que ce texte prenne vie. L’ensemble des acteurs, scientifiques, éducatifs, institutionnels et citoyens, peut contribuer à amplifier ce mouvement.
Nausicaá renouvelle ainsi son engagement, parce que protéger la haute mer, c’est contribuer à protéger notre avenir commun pour les générations présentes et futures.