Comment la peau de morue peut soigner des grands brûlés ?

La peau de poisson est utilisée pour soigner les grands brûlés. De déchet, la peau des morues devient un substitut cutané.

Le tragique incendie qui s’est déroulé lors de la Saint Sylvestre à Crans Montana dans le bar La Constellation a fait quarante morts et une centaine de blessés dont des grands brûlés. Les soins qui leur sont apportés font appel à une technologie innovante basée sur un matériau plutôt inattendu : la peau de morue. 

En effet la peau de poisson aide à la cicatrisation des blessures et agit comme un substitut de la peau. Elle présente l’avantage de ne pas pouvoir transmettre de maladies aux humains contrairement aux substituts issus de mammifères d’origine porcine ou bovine.  

Les peaux de poisson subissent donc moins de traitement, elles sont nettoyées et stérilisées et conservent ainsi toutes leurs qualités comme leur structure riche en collagène et les acides Omega qui aident à la cicatrisation. Des études indiquent une accélération de la cicatrisation, une réduction de la douleur, une diminution des changements de pansements nécessaires ainsi que des coûts liés au traitement. 

Une entreprise islandaise Kerecis développe ainsi un substitut cutané s’appuyant sur le fait que la peau de poisson présente « un derme, épiderme et tissu sous-cutané », comme la peau humaine. Elle récupère les peaux de morues, pêchées en grande quantité en Atlantique Nord qui de déchet devient une ressource pour la médecine 

La peau de poisson proche de la peau humaine

Cette matière première, possède une forme en maillage humide, riche en collagène et elle adhère naturellement à la peau. « Du point de vue de l'évolution, notre peau est donc identique à celle des poissons, à l'exception des écailles qui se sont transformées en poils sur la peau humaine. » explique Fertram Sigurjonsson, l’Islandais qui a mis au point cette invention. 

Appliqué sur la lésion, le substitut cutané protège la peau du contact de l’air et empêche celle-ci de sécher, favorisant ainsi sa cicatrisation.  

Une autre espèce de poisson est aussi utilisée pour produire des greffons de peau de poisson acellulaire (AFS acellular fish skin). Il s’agit du tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) originaire du bassin du Nil en Afrique de l'Est dont les peaux viennent des piscicultures locales. 

Une autre innovation venue de la mer aide aussi à la cicatrisation des grands brûlés, il s'agit du pansement Hemarina, un gel contenant des molécules d'hémoglobine issues d'un ver marin, l'arénicole qui peut transporter quarante fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine. Celles-ci se rechargent en oxygène, et "transfère l'air depuis le haut du pansement, jusqu'à la cellule de la plaie, qui en a besoin", comme l'explique Franck Zal, fondateur de la société bretonne. La cicatrisation s'en trouve accélérée dans une zone humide sans former de croûte mais une peau neuve. Ce traitement a pour l'instant été utilisé à titre expérimental dans plusieurs cas très graves et est en cours d'évaluation avant d'être autorisé sur le marché.