Laurent Ballesta à -120 m sous la mer – Gombessa V planète Méditerranée

C’est parti pour une nouvelle expédition inédite. Depuis le 1er juillet, Laurent Ballesta, biologiste marin et photographe s’est lancé dans un nouveau défi : passer 28 jours sous l’eau en mer Méditerranée entre Marseille et Monaco.

 

Une aventure humaine, à quatre dans 5 m²

Quelques chiffres résument bien le caractère exceptionnel de cette nouvelle aventure scientifique : 4 plongeurs à – 120 m de profondeur dans un caisson de 5 m² pendant 28 jours.

L’objectif de cette expédition est de découvrir les récifs coralligènes de Méditerranée qui se trouvent à une profondeur de 60 à 120 m et qui sont des « hotspots » de biodiversité. Cette zone renferme des écosystèmes peu connus vivant à une profondeur où ne passe que très peu de la lumière solaire.

Pour pouvoir explorer cette zone entre 60 et 120 m de profondeur il faut pouvoir passer du temps sous l’eau. Dans le cas d’une plongée classique, pour 30 minutes de plongée à 120 mètres il faut 5 heures de remontée à cause des paliers de décompression. En effet la pression à 120 m est 13 fois supérieure à celle de la surface.

 

 

 

La technique industrielle au service de la science

Pour contourner ce problème Laurent Ballesta et son équipe vont utiliser les techniques de plongée industrielle, la plongée à saturation qui affranchit de la décompression. Les plongeurs resteront donc 28 jours à la pression de la zone et ils vivront ensuite 4 jours de décompression pour remonter à la surface.

Vivant dans une tourelle qui reste à la pression du fond, les plongeurs pourront sortir sans limite grâce aux scaphandres recycleurs et retourner ensuite dans leur « base », le caisson dans lequel ils respireront un air essentiellement composé à 90 % d’hélium et seulement à 2 % d’oxygène. Conséquence cocasse : Laurent Ballesta et ses collègues se parleront avec une voix de canard !

Une étude des écosystèmes coralligènes

Les écosystèmes profonds sont peu étudiés des biologistes car difficiles d’accès. Laurent Ballesta et son équipe vont chercher à savoir si le coralligène profond est un puits ou un émetteur de carbone, si on retrouve les mêmes espèces de poissons en surface et en profondeur et quelle est la densité de peuplement. Ils étudieront aussi la présence des déchets plastiques. Les enjeux scientifiques sont donc de taille : cartographies, analyses des écosystèmes, recherches d’espèces rares, études des niveaux de pollution en Méditerranée. Ils exploreront aussi quelques épaves. Une dizaine de laboratoires français et étrangers ont commandité plusieurs protocoles de recherches car ces écosystèmes profonds présentent des intérêts majeurs liés à l’étude du réchauffement climatique (zone refuge, puits de carbone, etc.)

Cette première mondiale en matière de performances techniques et sportives apportera beaucoup de réponses, à une époque où les enjeux de conservation sont primordiaux.

 

Crédit photos : Caroline Ballesta, Laurent Ballesta Andromède Océanologie, GOMBESSA 5

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