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Le rôle de l’Océan

Pollution de la planèteL’Océan Mondial touché par le réchauffement climatique. Quelles conséquences pour l’humanité ? Au moment où paraîssait le dernier rapport du GIEC sur les incidences attendues du réchauffement planétaire, Nausicaa et le Réseau Océan Mondial rappellaient le rôle capital de l’Océan au cœur du dispositif écologique de la planète et son importance pour l’humanité., problématique qui préoccupe aujourd’hui de nombreux experts à travers le monde.

L’Océan absorbe aujourd’hui 80 % de l’excès de CO2 dû aux activités humaines

Récif corallienIl s’est réchauffé jusqu’à plusieurs milliers de mètres de profondeur. Ceci aura d’irrémédiables conséquences pour l’Océan, et donc pour l’humanité, que l’on commence à peine à mesurer. Citons quelques exemples :

• Du point de vue des ressources marines vivantes, le déplacement des stocks de poissons, déjà affaiblis par une surexploitation par la pêche industrielle (sans parler du déplacement de leurs stocks de nourriture - plancton et autres poissons - conséquences directes de modification des paramètres écologiques marins) va s’accentuer, les populations recherchant naturellement les conditions les plus favorables à leurs besoins. Celles qui ne pourront ni s’adapter ni migrer sont, à plus ou moins court terme, vouées à l’extinction, participant un peu plus à la perte globale de biodiversité sur la planète et à la diminution de ressources vitales pour l’homme que ce soit d’un point de vue alimentaire, économique ou social. La combinaison de la surpêche, du réchauffement climatique et de la pollution en provenance de la terre, pourrait à plus ou moins brève échéance transformer bien des régions océaniques en désert dont les seuls habitants seraient des groupes compacts de méduses, comme c’est déjà le cas en mer Noire, en mer Baltique ou en mer du Japon, rendant impossible toute économie humaine.

• Autre phénomène moins connu du grand public, l’acidification globale des océans a déjà des conséquences dramatiques sur la physiologie des organismes synthétisant un squelette calcaire. Si ce phénomène frappe de plein fouet les coraux qui constituent les écosystèmes marins majeurs dont des milliers d’autres espèces dépendent - y compris l’homme pour la pêche, le tourisme et sa défense naturelle contre les vagues et les tsunamis - il risque aussi d’avoir des effets dévastateurs sur la survie de certaines espèces du plancton végétal à l’origine des chaînes alimentaires marines et qui nous fournit, ne l’oublions pas, la majorité de l’oxygène que nous respirons.

• Pour ce qui est de la montée des eaux consécutive à la fonte des glaciers et la dilatation des masses d’eau de surface des océans, elle aura des impacts sans doute irréversibles sur les grandes circulations océaniques dont on sait qu’elles sont en interaction profonde avec le climat terrestre. Les modifications de ce dernier seront en outre accélérées par l’augmentation globale de la température de l’Océan car ce dernier joue le rôle de grand régulateur du climat de la planète par son inertie thermique, le phénomène El Niño en étant un exemple particulièrement frappant. La fonte de la calotte glaciaire arctique, qui renvoie donc de moins en moins les rayonnements solaires, va accélérer le processus.

• Bien entendu cette montée des eaux de l’Océan Mondial aura aussi un impact économique et social incalculable par rapport aux activités humaines sachant que la moitié de la population mondiale vit sur le littoral et que dans 30 ans il est prévu que cela en soit les ¾… de 9 à 10 milliards d’individus faisant passer de 3 milliards à 6 milliards, cette population côtière . Les pertes en terres liées à une élévation de 1 m du niveau de la mer sont évaluées à 1% en Egypte, 6 % aux Pays Bas, 17,5 % au Bengladesh et jusqu’à 80% environ dans l’atoll de Majuro, capitale des Iles Marshall. Or une hypothèse plus extrême (jusqu’à 6 à 8 mètres) n’est pas à exclure. Il faut donc s’attendre à vivre les plus grandes migrations de réfugiés que la planète ait connues.

• La France qui possède le deuxième territoire maritime du monde, ne sera pas à l’abri de ces phénomènes, alors que l’Océan est pour l’heure très peu présent dans la campagne présidentielle.

Si nous ne mobilisons pas tous nos efforts pour intégrer la notion de préservation de l’Océan et de ses ressources au cœur du débat global sur le réchauffement planétaire, il nous sera impossible de tenter d’en limiter les effets pour la survie de l’humanité. Ceci doit être fait avant qu’il ne soit trop tard. C’est aujourd’hui encore possible !

"Pour l’avenir de la Planète Bleue, chacun de nos gestes compte" (Réseau Océan Mondial, 1999)

En savoir plus avec l’Atlas de l’Océan Mondial

Couverture de l'atlas de l'Océan MondialCes enjeux et les données citées ici peuvent être retrouvés dans l’Atlas de l’Océan Mondial, cosigné par Jean-Michel Cousteau et Philippe VALLETTE et coédité par les Editions Autrement et Nausicaa.

Cet Atlas "Pour une politique durable de la planète mer" a bien pour volonté de replacer l’Océan au cœur du débat écologique mondial car s’il apparaît désormais inévitable qu’une augmentation globale de la température planétaire ait lieu avec des conséquences très importantes, il nous appartient de tenter d’en limiter l’ampleur et ainsi les impacts sur les hommes qui en vivent et au-delà, sur l’ensemble de la population vivant sur la planète.

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