font-for-print-ver

Le ou la limule

limuleNom commun : limule ou le xiphosure

Nom anglais : horseshoe crab

Nom latin : Limulus sp.

Famille : Limulidae
Elle appartient à l’embranchement des arthropodes, comme les araignées, les scorpions, les tiques et les crustacés marins. Ses ancêtres font partie d’une famille disparue il y a 350 millions d‘années : les trilobites.

Distribution elles se répartissent, de manière très inégale, le long de deux couloirs de reproduction situés dans l’Atlantique, depuis le sud du Canada jusqu’au golfe du Mexique avec la plus importante concentration au monde dans la baie du Delaware, et dans le Pacifique, parmi les mangroves et les estuaires asiatiques qui s’étalent de l’Indonésie au Japon.
La limule présente à Nausicaa (Limulus polyphemus) vit le long de la côte est américaine.

 Lieu de vie : elle change d’habitat selon les différents cycles de sa vie. On sait cependant peu de choses de ses habitudes de vie hors de la période d’accouplement jusqu’au stade de juvénile.

Sa biologie : dotée d’une carapace articulée, la limule, proche des araignées, des tiques et des mites possède 5 paires de pattes articulées. Elle dispose d’une paire d’appendices supplémentaires lui servant à se nourrir. Situées près de la queue, ses 5 paires de branchies lui permettent de respirer. La limule peut aussi pomper l’eau pour remplir sa nouvelle carapace lors de la mue, une période pendant laquelle elle est particulièrement vulnérable. Sa longue queue rigide appelée telson sert à se diriger et à se redresser.

Taille et poids : elle peut mesurer jusqu’à 60-70cm de longueur, telson (queue) inclus et peser jusqu’à 5kg.

Régime alimentaire : vers marins polychètes

Reproduction : "le cycle reproducteur est lié aux grandes marées de printemps et d’automne ainsi qu’au cycle lunaire. A la pleine lune, les adultes convergent en grand nombre vers les plages de sable. Les femelles pondent jusqu’à 20 000 œufs dans un nid proche de la limite supérieure des marées, fournissant ainsi une précieuse source de nourriture aux oiseaux et autres créatures marines. Après leur éclosion, les petites limules restent cachées dans le sable pour être en sécurité. Elles en sortent au bout de quelques semaines, à marée haute et entrent dans l’eau jusqu’à leur première mue. Ensuite elles commencent à vivre au fond de la mer". Leur croissance est rapide (la taille augmente de 25 à 30% à chaque mue) mais leur maturité tardive : à 9 ans chez les mâles après 16 mues, vers 10 ans pour les femelles après 17 mues. Ensuite, le phénomène de mue ne se reproduit plus qu’une fois par an.

Menaces et mesures de protection :
L’UICN a classé l’espèce Limulus polyphemus en "Quasi menacée" (NT) :
http://www.iucnredlist.org/apps/redlist/details/11987/0

Peu de prédateurs naturels menacent la limule. En revanche, ses nombreux atouts en font une espèce à fort intérêt commercial très recherchée par l’Homme. De plus, les limules se récoltent à la main sur les plages.
Les abus sont donc à surveiller de très près. Depuis le début des années 1990, face à la baisse significative du nombre de limules, des efforts de conservation ont été entrepris.
Par exemple, au Japon, on a aménagé des plages artificielles afin d’augmenter leurs zones de ponte.
Aux Etats-Unis, l’unique espèce (Limulus poylphemus) est sous haute surveillance avec des quotas de pêche très restrictifs.
De plus, chacun de ces pays mènent des programmes de dénombrements annuels.

Anecdotes :
- le sang de la limule est de couleur bleue, et ce à cause d’une protéine riche en cuivre et non en fer comme nous.
- L’artiste suisse Hans Rudi GIGER, père du célèbre Alien, s’est librement inspiré de la limule pour au moins 2 des 4 stades de développement de sa créature.

Rôle dans l'écosystème : véritables fossiles vivants, ces animaux sont plus vieux que les dinosaures. 
Leurs particularités ? "Un enfouissement quasi perpétuel, une résistance aux phénomènes d’extinction et une ténacité à occuper une niche écologique qu’il veut bien partager avec d’autres." (Georges BROSSARD, Fondateur de l’Insectarium de Montréal).
"On a relevé sur de nombreux individus un véritable échantillon de biocénose" indique M. DAIGNEAULT, Docteur Océanographe. "Entre autres colonisateurs, on a retrouvé, campés aussi bien sur le dessus que sur le dessous de la carapace, une multitude d’invertébrés. Ils incluent souvent de colonies de bryozoaires, différentes espèces de gastéropodes, bivalves, crustacés, algues à tel point que certains "xiphosures" sont des "récifs ambulants" ". Il s’agit presque toujours d’associations de type commensaliste (organismes profitant de l’hôte sans lui nuire), parfois légèrement mutualistes si l’on se réfère au camouflage que procure cette faune hétéroclite lorsqu’elle est répartie uniformément.

Résilience : véritables fossiles vivants (plus de 500 millions d’années), ces animaux sont plus vieux que les dinosaures et ont résisté à toutes les extinctions de masse. Il semble que leur nombre varie en fonction des conditions environnementales.
Quand la limule est blessée, des cellules de son sang forment un caillot qui détruit des bactéries.

Version simplifiée extraite de Marin Malin n° 9 de Nov-dec 2004 : 
"La limule est très primitive et c’est peut-être ce qui l’a sauvée : elle vit aussi bien sur des fonds de sable, de roche que de vase, elle résiste assez bien hors de l’eau, au soleil ou à la chaleur, elle peut se contenter d’eaux pauvres en oxygène et ses organes vitaux sont protégés par des poils et deux carapaces. Bref, elle s’adapte à tout !".

Services rendus à l'homme : quand la limule est blessée, des cellules de son sang forment un caillot qui détruit des bactéries également dangereuses pour les humains. On en extrait une protéine utilisée pour détecter la contamination bactérienne dans les médicaments, les vaccins et autres produits thérapeutiques administrés par intraveineuse : le test LAL.

Le test LAL est le plus sensible et spécifique des moyens disponibles pour détecter la présence d’endotoxines dans les médicaments, les produits biologiques, le matériel médico-chirurgical et autres matières premières.

C’est grâce aux travaux de recherche des Dr Frederik BANG et Dr. Jack LEVIN dans les années 60 que le réactif LAL a été mis en évidence. 
Commercialisé dans les années 70 par Dr Stanley WATSON, le test LAL (Lysat d'amebocyte de limule) est utilisé depuis pour détecter la contamination bactérienne dans les médicaments, les vaccins, les produits biologiques, le matériel médico-chirurgical ainsi que certains cancers et certaines formes de méningites.
D’autre part lorsqu’un organisme tel que le CEMBREU (Centre Européen Médical Bioclimatique de Recherche et d'Enseignement Universitaire) pratique une expertise de l'environnement à l'intérieur de l'habitat au domicile d’une personne allergique, parmi ses méthodes d’analyse il utilise ce test afin de quantifier les endotoxines.

Version simplifiée extraite de marin Malin n° 9 de Nov-dec 2004 :
"Ce sang se fige en présence de bactéries. Les scientifiques s’en servent donc comme sonnette d’alarme pour vérifier que leur matériel médical n’a pas de microbe".


Afin de tirer parti de cette propriété, on ramasse les limules pendant l’été en eau peu profonde sur la côte Atlantique de l’Amérique du Nord. Les chercheurs prélèvent près de 20% du sang de chaque limule (dans cette proportion, les limules remises à la mer se rétablissent). 

H.KEFFER reçut le prix Nobel de médecine en 1967 pour ses recherches sur le nerf optique, travaux qui, pour une large part, découlent d’expérimentations sur les limules.

La limule contient également de la chitine. Cette substance est incluse dans des produits pharmaceutiques et cosmétiques tels que les lentilles de contact, les crèmes solaires et les fixatifs à cheveux. La chitine, également reconnue pour ses propriétés antibactériennes et antiacides, sert à la confection de fils pour les sutures chirurgicales et de pansements auto-guérissants pour les grands brûlés. 

En France, elle est même utilisée dans le procédé de clarification des vins.

SOURCES 

Livres :

Martin DAIGNEAULT. Limules. Une histoire naturelle. Ed. Institut Océanographique, Paris, 2004.

Collectif. Océan. Encyclopédie universelle. Ed. Geo/Gallimard, 2006


Articles :

En Français :

La Limule : un drôle de casque au sang bleu. Marin Marlin, n°9, novembre-décembre 2004, p 35


En Anglais :

UICN. Biodiversity loss – it will make you sick. News - Press Release, 23 April 2008

Article de l'UICN consacré aux nombreuses possibilités d’application dans le domaine de la médecine entre autres, de propritété
http://www.iucn.org/knowledge/news/?841/Biodiversity-loss-it-will-make-you-sick


Sites : 

En Français :

Océarium du Croisic
http://www.ocearium-croisic.fr/pages/3-oceans/nautilus/le-limule.php

Catalogue SITI (ITIS) : Système d'Information Taxonomique Intégré
http://www.cbif.gc.ca/pls/itisca/next?taxa=&p_format=&p_ifx=&p_lang=fr&v_tsn=82701


Site d’un producteur de chitine : France Chitine
http://www.france-chitine.com/chitosan.html

 

Sources annexes :

CEMBREU (Centre Européen Médical Bioclimatique de Recherche et d'Enseignement Universitaire)
http://cembreu.fr/

Commercialisation du test LAL :
http://www.eprofeel.com/recherche_produit.php?q_search=test+lal&q_type=_produit&q_s=


En Anglais :

UICN : statut sur la liste rouge des espèces menacées de l’espèce Limulus polyphemus
http://www.iucnredlist.org/apps/redlist/details/11987/0

Site spécialisé sur les xiphosures et en particulier sur l’espèce Limulus polyphemus
http://horseshoecrab.org/

et plus particulièrement pour le volet médical :
http://www.horseshoecrab.org/med/med.html


Laboratoire de Biologie Marine de Woods Hole, Massachussetts :
http://www.mbl.edu/

1ère société à commercialiser le LAL : Associates of Cape Cod, Inc
http://www.acciusa.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voter
 

COOKIE SETTINGS PANEL

1st Party cookies: Necessary Cookie =:: Enhancement=

When you refuse the use of - 1st or 3rd party - cookies, this site will not behave as designed due to the unavailability of cookies.