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Débat "le poisson, demain, un luxe ?"

Caisses de poisson Champagne, foie gras, caviar, truffe, poisson … poisson, comment ça poisson ? Le poisson n’est pas un produit de luxe. Aujourd’hui non, mais demain ? Il est vrai que l’avenir de la ressource halieutique est un sujet complexe. Les analyses et les commentaires qu’il génère sont souvent contradictoires. Face à cette multitude d’informations, le consommateur peut se sentir perdu. Pour que demain le poisson ne soit pas un luxe, il est important d’agir dès maintenant.

C’est pourquoi Nausicaa réuni des représentants de la filière pêche, une association de consommateurs, des scientifiques d'IFREMER et des consommateurs pour débattre de cette question et prendre les mesures adéquates pour aider le consommateur lorsqu’il fait ses achats.

Intervenants

  • RobeCaisses de poisson rt BREHON (Président de l’UFC Que choisir ? Nord – Pas-de-Calais)
  • Pierre-Georges DACHICOURT (Président du Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins)
  • Thierry MISSONNIER (Secrétaire Général du Pôle filière halieutique)
  • André CARPENTIER (Responsable du Laboratoire Ressources Halieutiques d'IFREMER)
  • Paul MARCHAL (Responsable du département Halieutique de Manche-mer du Nord d'IFREMER)
  • Tony LESTIENNE (Restaurant de Nausicaa et La Matelote).
  • Le débat étaitanimé par Ariel FUCHS.

 

 

Objectifs du débat

ChalutierCe débat se veut une passerelle entre les professionnels de la mer et le consommateur. Ce débat s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 305 personnes sur leurs habitudes de consommation des produits de la mer. La séance débute par la projection d’un extrait du film de Stéphane DRUAIS "Quel poisson pour demain ?". Ce que nous retenons est qu’en France, nous consommons 850 000 tonnes de poissons dont les 2/3 sont importés. Le marché de la pêche est un marché international en perpétuel développement. Pour que le consommateur puisse faire son choix parmi la grande variété de produits qui lui sont proposés, différents moyens sont mis à sa disposition.

 

Les moyens mis à disposition du consommateur

L’étiquetage

Selon la réglementation en vigueur depuis 2002, l’étiquette doit comporter 3 notions :

  • la dénomination commerciale (nom commun officiel)
  • mode de production (pêché ou élevé)
  • zone de production (zone de pêche ou pays d’élevage)

 

A ces trois notions obligatoires s’ajoutent d’autres informations comme la date de péremption, le poids …

Mais est-ce que le consommateur peut savoir ce que signifie la mention "pêché en Atlantique Nord" ?

Comme nous l’avons vu dans le film de Stéphane DRUAIS, 2/3 des poissons mangés en France sont importés. Le poisson peut venir de loin, il subit de nombreux traitements (surgélation, filetage…) et transferts. Le prix est également un bon indicateur de la rareté d’une ressource. Pour certaines espèces, les prix se sont envolés ; il ne faut pas que la consommation du poisson devienne une consommation de niche.

Les labels

En matière de consommation, des garanties de qualité sont mises en place sous forme de labels. Tout dépend du bateau qui pêche, de son âge, des installations qui sont à bord … Mais ces informations échappent au consommateur. Pour les scientifiques d’IFREMER, le consommateur doit rester vigilant sur la notion de provenance et toujours garder à l’esprit les données environnementales.

 

Sensibiliser le consommateur

Tous sont d’accord pour dire qu’il faut également éduquer le consommateur : ses habitudes évoluent, mais il y a une méconnaissance de la diversité des produits et il continue de demander des espèces dont les stocks sont menacés. Le consommateur devrait être sensibilisé à deux notions : la saisonnalité et la diversité du marché, comme nous le faisons déjà avec les fruits et légumes. Acheter du maquereau en décembre devrait nous apparaître aussi incongru que de manger des cerises en plein hiver ! Il faut apprendre au consommateur à diversifier sa demande. En France, nous disposons d’une grande diversité des ressources (environ une cinquantaine d’espèces), il faut apprendre à les connaître, à les cuisiner et à en profiter. Le consommateur a besoin d’une information claire et toute la filière halieutique doit se concerter pour que le consommateur puisse lui faire confiance.

 

Solutions envisagées

Pour l’UFC Que choisir

Le consommateur a besoin d’être orienté par des organismes en lesquels il a confiance. L’UFC Que choisir se propose d’être un relais entre la filière pêche (du pêcheur au distributeur) et le consommateur. Son rôle est de tisser un lien entre professionnels et consommateurs.

La filière halieutique

Il existe des labels et des certifications qui permettent de mettre en place une traçabilité. La grande distribution a tendance à simplifier cette démarche car cela engendre un problème de gestion. Les promotions sont définies avant même que les poissons soient pêchés. Par exemple, il est plus facile de vendre du saumon que de vendre des espèces dont les stocks sont soumis à des fluctuations (conditions climatiques…). La grande distribution pourrait mettre en place un tableau indicatif des poissons que l’on peut consommer saisonnièrement et localement. Pourquoi ne pas imaginer un système d’étiquetage de couleur (rouge : espèce dont les stocks sont très menacés, orange : stock menacé et vert : le stock se porte bien).

IFREMER

Les scientifiques peuvent également apporter leur aide aux consommateurs en leur faisant découvrir le milieu marin. Il ne faut pas oublier qu’un poisson est un animal sauvage. Le consommateur doit être informé car il méconnaît la mer, la ressource et la pêche. Par exemple, certains consommateurs sont persuadés que la plie et le carrelet sont deux poissons différents ! Le consommateur doit rester curieux car les données scientifiques sont remises à jour tous les ans.

La restauration

Les français sont réputés pour leur goût de la bonne chère, le chef Tony LESTIENNE insiste sur l’éducation (ou la rééducation) au goût : manger du hareng au lieu de consommer toujours du cabillaud ou de la lotte. Il met également en garde contre la surgélation, aussi performante soit elle, elle ne remplacera jamais le poisson frais. Mais le poisson frais ne se vend quasiment pas entier car les consommateurs ne savent pas le cuisiner. Il faudrait mettre en place des cours de cuisine. Pour le moment, le consommateur préfère acheter le poisson en filet, le mode de préparation est plus simple et plus rapide. La grande distribution, qui réalise 70 % des ventes de poissons en France, l’a bien compris, elle s’adapte à la demande du client. L’industrie du filet est en train de prendre une ampleur mondiale.

Il faut également communiquer sur le poisson et "casser" certaines étiquettes. Le lieu noir est peu demandé car il est considéré, à tort, comme un poisson bas de gamme. Certains goûts doivent être remis au "goût du jour" ! Le consommateur doit apprendre à découvrir les poissons locaux. Pour ceux qui habitent loin de la mer, les médias pourraient relayer le message de consommation responsable. Il est également important de former les poissonniers des grandes surfaces pour que le message soit diffusé aux consommateurs.

Les aspects positifs

Le sentiment général est que les aspects évoqués lorsque l’on parle de la filière pêche sont toujours négatifs. Les médias peuvent induire le consommateur en erreur : certes le thon rouge est en danger mais les stocks de thon germon ne sont pas menacés par exemple. Parlons des aspects positifs ! Des espèces comme l’encornet, le rouget-barbet, la seiche, la limande-sole, la plie, l’églefin … vont également bien.

Conclusion

Pour que demain le poisson ne soit pas un luxe, il est nécessaire que les informations diffusées au consommateur soient claires. Il faut créer un dialogue entre les professionnels et les consommateurs. Afin d’adopter de bons gestes, le consommateur doit connaître les poissons à consommer en fonction de la saison et savoir les cuisiner. Nausicaa s’engage à aider le consommateur dans ses choix en proposant, en accord avec le pôle filière halieutique et l'IFREMER, une liste de poissons pérennes. Si chaque visiteur de Nausicaa choisit une fois dans l’année son poisson parmi les espèces "pérennes", cela aura un impact sur 600 000 visiteurs X 300 grammes = 180 tonnes de poisson.

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